La mer, toujours la mer...

Ce canot de la Baie de Morlaix a été construit par Jean Eliès, à Carantec, en 1954, pour la pêche aux oursins. Cette activité n'a duré que peu de temps. Bien plus tard, il se retrouve sur les bords de l'Erdre, puis revient à Locquémeau, dans les Côtes d'Armor où il dormait sur le cordon de galets quand un couple d'Américains qui s'était installé à Trédrez remarque cette coque. Ils en tombent amoureux et décident de lui redonner vie. Ils rencontrent Yvon Le Corre, peintre et grand spécialiste des vieilles coques qui les oriente vers Gilles Conrath à Paimpol. Un grand neuvage chez les Charpentiers paimpolais, les finitions au Chantier Rio, à Morlaix. Une saison à Primel, et ce couple qui voulait faire œuvre de préservation du patrimoine maritime, qui avait investi beaucoup de temps et d'argent dans cet ouvrage doit retourner aux Etats-Unis.

Le canot s'endormait à nouveau sur les bords de la rivière de Morlaix. Et c'est là que je l'ai découvert, en février 2006. Un passage sous hangar pour remettre les peintures en état et il était de nouveau à l'eau, dans le port de Roscoff (Finistère-nord), en mai 2006.

C'est un canot très stable, bien plus qu'un précédent "piranha" que j'ai pu avoir, bon marcheur à partir du travers. Il ne faut pas lui demander de serrer le vent de trop près, comme toutes ces embarcations. Je souhaitais améliorer ses performances, il était gréé en cat-boat. Je pensais qu'un bout-dehors améliorerait ses virements de bord, déjà, et sa propulsion aussi. Un reportage du Chasse-Marée sur les canots de Chausey, très semblables au mien, des contacts avec leur association, et j'avais les renseignements que je cherchais. Printemps 2009, le bout-dehors est en place, les essais commencent. Très satisfaisants. Je pense même qu'il supporterait un espar plus important.

Je n'aurai pas le loisir de le faire. Des problèmes récurrents de santé m'obligent à me séparer de "Koantig".